Les trois concours Banque de France ouverts en 2026
La Banque de France recrute en 2026 par concours sur trois niveaux distincts, qui correspondent à des parcours et des fonctions différents au sein de l'institution. Comprendre la cartographie des trois concours évite de candidater au mauvais niveau et de perdre une session entière.
Concours de cadre (catégorie A) : c'est le concours le plus volumineux et le plus médiatisé. La session 2026 ouvre 30 postes pour des fonctions d'expertise (économie, statistiques, supervision bancaire, contrôle interne, IT, juridique) et de management d'équipe à Paris et en régions. Les inscriptions sont ouvertes du 9 décembre 2025 au 27 janvier 2026 sur le site officiel de recrutement. Diplôme requis : Bac+3 minimum, profils économiques, financiers, juridiques, scientifiques ou écoles de commerce privilégiés.
Concours de cadre de direction (catégorie A+) : niveau supérieur, destiné à intégrer le corps des cadres dirigeants — direction générale, postes de chef de service, missions internationales en lien avec la BCE et l'Eurosystème. Le concours est traditionnellement plus sélectif, ouvert à un volume de postes plus restreint, et accessible aux titulaires d'un Bac+5 (Master 2, ENA/INSP, école d'ingénieur ou école de commerce). Le calendrier suit en général celui du concours cadre, avec des oraux distincts.
Concours d'assistant (catégorie B) : niveau intermédiaire, ouvert aux titulaires d'un Bac+2 minimum. Postes essentiellement techniques et de support sur les sites BdF en région (gestion documentaire, support comptable, assistance opérationnelle). Le concours est moins exposé médiatiquement mais recrute chaque année plusieurs dizaines d'agents.
L'accès aux trois concours est réservé aux ressortissants d'un État membre de l'Union européenne ou d'un État signataire de l'accord sur l'Espace économique européen — c'est une condition stricte, non négociable, contrôlée à l'inscription.
Concours cadre 2026 : calendrier précis (décembre 2025 → juin 2026)
Le concours cadre 2026 s'étend sur près de sept mois entre l'ouverture des inscriptions et la publication des résultats finaux. Maîtriser ce calendrier permet de séquencer la préparation et d'éviter les pertes de temps sur des phases déjà passées.
9 décembre 2025 → 27 janvier 2026 : période d'inscription en ligne sur recrutement.banque-france.fr/cadre. Le dossier comprend l'état civil, les diplômes scannés, le choix de la spécialisation pour l'épreuve écrite (dissertation économique, étude de cas en stratégie d'entreprise, ou mathématiques/statistiques) et le formulaire de motivation. Aucune prolongation n'est possible — la fermeture du 27 janvier est ferme.
6 février → 11 février 2026 : épreuve de présélection en ligne via la plateforme Maki. Les candidats reçoivent un lien personnel et passent les tests à domicile dans cette fenêtre de six jours. L'épreuve dure 45 à 60 minutes et combine plusieurs blocs (logique, raisonnement numérique, compréhension verbale, parfois anglais). Le score Maki sert à filtrer les candidats avant les écrits — le seuil exact n'est pas publié officiellement, mais il varie selon le nombre de candidats inscrits cette année-là.
Samedi 21 mars 2026 : épreuves écrites d'admissibilité, organisées en région parisienne (en général à Paris ou Marne-la-Vallée). Les candidats doivent être physiquement présents toute la journée — il n'y a pas de session de remplacement. La convocation est envoyée environ trois semaines à l'avance.
Avril 2026 : publication des résultats d'admissibilité. Les candidats admissibles reçoivent leur convocation aux oraux, qui se déroulent traditionnellement de fin avril à fin mai.
Mai 2026 : épreuves orales d'admission à Paris (siège BdF, rue Croix-des-Petits-Champs). Une journée par candidat, parfois étalée sur deux journées selon les jurys.
Juin 2026 : publication des résultats finaux et constitution de la liste principale + liste complémentaire. Les lauréats reçoivent leur affectation dans les semaines qui suivent.
Présélection Maki : ce qui se passe en février 2026
La présélection par tests Maki a été généralisée par la Banque de France pour tous ses concours il y a quelques années. Elle remplace progressivement les épreuves écrites d'admissibilité préliminaires que d'autres concours d'État maintiennent — un choix qui rapproche le format BdF des standards du recrutement bancaire privé (BNP, Caisse Épargne).
L'épreuve Maki BdF n'est pas un Maki standard du privé. La Banque de France configure sa propre batterie de modules à partir du catalogue Maki, en sélectionnant les blocs jugés pertinents pour le profil cadre BdF. En 2025-2026, les blocs typiquement utilisés sont :
- Raisonnement logique (12-15 questions, 8-10 minutes) — séries logiques, matrices Raven simplifiées
- Raisonnement numérique (15-18 questions, 12 minutes) — lectures de tableaux financiers, ratios, variations
- Compréhension verbale (10-12 questions, 8-10 minutes) — analyse de textes courts en français, parfois en anglais
- Bloc anglais (optionnel selon profil) — compréhension écrite, parfois orale
Le scoring Maki utilisé par la Banque de France suit la formule officielle Maki : (bonnes réponses ÷ total des bonnes réponses possibles) − (réponses fausses × 0,5), avec un plancher à 0 %. Cette formule punit les réponses au hasard — il vaut mieux laisser une question en blanc que cocher au hasard si vous n'avez aucune intuition.
Le seuil de présélection n'est pas publié, mais il est généralement situé autour de 65 à 70 % du score Maki pour les profils cadre BdF, selon les estimations issues des forums spécialisés et des retours candidats. Les candidats au-dessus de ce seuil sont convoqués aux écrits du 21 mars.
Pour la stratégie de préparation Maki, consultez notre guide dédié sur le test Maki banque française, qui détaille la formule de scoring, les modules typiques et la gestion du temps.
Épreuves écrites du 21 mars 2026 : étude de dossier + spécialisation
Les épreuves écrites d'admissibilité du concours cadre BdF se composent de deux épreuves distinctes sur la journée du 21 mars 2026. Les coefficients indiqués ci-dessous sont ceux publiés sur le site officiel de recrutement BdF pour la session 2025 ; la BdF ne modifie en général pas ses coefficients d'une année sur l'autre, mais vérifiez les modalités définitives sur votre convocation.
Épreuve 1 — Étude de dossier (4h, coefficient 6)
Vous recevez un dossier de 30 à 50 pages, qui peut comporter des documents en anglais (typiquement des extraits de rapports BCE, FMI, Banque mondiale, ou de presse économique anglo-saxonne). La consigne demande une note de synthèse, parfois accompagnée d'une note d'analyse argumentative ou d'une recommandation de politique publique.
Le format évalue trois compétences : - Lecture rapide et hiérarchisation d'une masse documentaire hétérogène - Synthèse structurée dans le format demandé (note formelle, structure annoncée) - Argumentation économique appuyée sur les éléments du dossier, sans introduire de connaissances externes non sourcées
C'est l'épreuve où l'écart entre candidats préparés et non préparés est le plus net. La préparation à cette épreuve passe par les annales BdF disponibles auprès du CNED et par des entraînements chronométrés en condition réelle.
Épreuve 2 — Spécialisation au choix (3h, coefficient 4)
Trois options au choix, déclarées au moment de l'inscription en janvier :
- Dissertation économique : sujet d'économie générale ou de politique économique. Format dissertation classique (introduction, deux ou trois parties, conclusion), avec exigence d'utilisation des concepts économiques (politique monétaire, théorie de la croissance, intégration européenne).
- Étude de cas en stratégie d'entreprise : analyse d'un cas réel ou fictif d'entreprise, avec recommandations stratégiques. Profil davantage école de commerce.
- Mathématiques / statistiques : exercices techniques sur l'analyse, l'algèbre, les probabilités, les statistiques inférentielles. Profil davantage scientifique ou économétrie.
Le choix de la spécialisation conditionne en partie le profil que la BdF associera à votre candidature pour l'affectation finale — sans pour autant être un engagement contractuel de fonction.
Épreuves orales d'admission : entretien individuel + collectif
Les épreuves orales d'admission se tiennent en mai 2026 à Paris. Elles représentent la moitié du coefficient total du concours — une note moyenne aux écrits peut être largement compensée par d'excellents oraux, et inversement.
Entretien individuel de motivation et d'aptitude (50 min, coefficient 12)
C'est l'épreuve la plus lourde du concours en termes de coefficient. Elle se déroule devant un jury de 4 à 6 personnes (cadres BdF, parfois un membre extérieur). La structure type :
- Présentation libre du candidat (5-7 minutes) sans support
- Questions sur le parcours et la motivation (15-20 minutes) — pourquoi la BdF, pourquoi maintenant, comment voyez-vous votre carrière à 5-10 ans
- Questions techniques (15-20 minutes) — actualité économique, politique monétaire, fonctionnement de l'Eurosystème, supervision bancaire
- Section en anglais (5-10 minutes) — discussion brève sur un sujet économique en anglais
La maîtrise de l'actualité monétaire (BCE, taux directeurs, inflation, programme TLTRO, supervision SSM) est attendue à un niveau supérieur à celui d'un candidat moyen école de commerce. Suivre Le Monde Économie et lire les bulletins économiques BdF dans les six mois précédant l'oral est un minimum stratégique.
Entretien collectif en triptyque (1h, coefficient 3)
Trois candidats sont mis en situation collective devant le jury — discussion sur un cas pratique ou un sujet de politique publique, avec consignes structurantes (rôles à jouer, contraintes de temps de parole). L'épreuve évalue les capacités relationnelles, l'écoute, la prise d'initiative et l'esprit d'équipe — pas la performance individuelle au détriment des autres candidats.
C'est une épreuve où il faut éviter deux écueils symétriques : la passivité totale (vous serez perçu comme effacé) et la prise de parole excessive qui écrase les autres candidats (vous serez perçu comme peu collaboratif). Un bon repère : prendre la parole 30 à 40 % du temps total, en relançant les autres candidats au moins une fois.
Profils acceptés et conditions d'éligibilité
Le concours cadre BdF est ouvert à un spectre relativement large de profils, mais avec quelques conditions strictes qui éliminent automatiquement une partie des candidats.
Conditions cumulatives obligatoires : - Diplôme Bac+3 minimum (licence, BUT 3, bachelor reconnu, M1/M2 selon parcours) - Ressortissance UE ou EEE (Norvège, Islande, Liechtenstein, Suisse non concernée sauf accord bilatéral) - Casier judiciaire compatible avec les fonctions (vérifié à l'admission) - Capacités physiques compatibles avec le poste (visite médicale BdF post-admission)
Profils privilégiés à l'admission (non exclusifs) : économie, finance, droit (notamment droit bancaire et financier), écoles de commerce avec spécialisation finance, écoles d'ingénieur avec orientation économétrie ou data science, profils statisticien ENSAE/ENSAI.
Profils plus rares mais admis : sciences politiques (Sciences Po, IEP), histoire économique, philosophie politique avec parcours complémentaire en économie. Ces profils ont historiquement réussi le concours mais doivent davantage prouver leur connaissance économique technique aux oraux.
Profils peu adaptés : arts, lettres pures, langues sans complément économique. Ces candidats peuvent évidemment se présenter mais devront fournir un effort de remise à niveau économique substantiel sur 6 à 12 mois.
L'âge n'est pas un critère officiel mais la moyenne d'âge des lauréats se situe entre 25 et 32 ans, avec quelques candidats plus expérimentés (35-40 ans) chaque année. Les candidats plus jeunes (22-24 ans) sont plus rares et doivent compenser leur manque d'expérience par une excellence académique très marquée.
Stratégie de préparation 8 semaines avant les écrits
Si vous découvrez ce concours en janvier 2026 (à l'inscription) ou en février (juste avant le Maki), une préparation de 8 semaines avant les écrits du 21 mars est faisable mais exigeante. Voici un découpage indicatif.
Semaines 1-2 (fin janvier - début février) — Maki et fond économique - Préparation intensive Maki : 30 min/jour de raisonnement numérique + verbal sur des plateformes type AssessmentDay, JobTestPrep, ou les annales Maki BdF du CNED - Lecture quotidienne du bulletin économique BdF + un article Le Monde Économie - Révision des grands concepts macro (politique monétaire, inflation, croissance)
Semaines 3-4 (mi-février - début mars) — entraînement écrits - Étude de dossier : 1 entraînement chronométré complet par semaine sur annales CNED ou cap-public - Choix définitif de la spécialisation (si non déjà fait à l'inscription) - Préparation ciblée selon spécialisation : dissertation (méthode + plans-types) ou stat/maths (annales) ou stratégie d'entreprise (cas Harvard/HEC simplifiés)
Semaines 5-6 (mi-mars) — simulations finales - Au moins une simulation complète d'épreuve dans les conditions du jour J (4h non-stop, sans téléphone, environnement neutre) - Relecture des bulletins BdF et de la dernière conférence de presse BCE - Anticipation des sujets probables sur l'année (politique monétaire post-inflation, impact climat sur la stabilité financière, MNBC, supervision bancaire post-SVB)
Semaines 7-8 (post-écrits, attente résultats) — préparation oraux - Entraînement à la présentation libre 5-7 minutes en anglais et en français - Travail sur les questions de motivation (pourquoi la BdF, plan de carrière) - Préparation aux questions techniques (Eurosystème, SSM, instruments BCE) - Si possible : une session avec un coach oral ou en groupe de pairs
Pour une préparation plus structurée et plus longue (6 à 12 mois), le CNED reste la formation officielle de référence — utile pour les candidats qui visent le concours sur deux sessions consécutives plutôt que d'attaquer en mode rush.
À retenir et FAQ rapide
Synthèse des dates clés concours cadre BdF 2026 - Inscriptions : 9 déc 2025 → 27 janv 2026 - Présélection Maki : 6 → 11 février 2026 - Écrits d'admissibilité : 21 mars 2026 (région parisienne) - Oraux d'admission : mai 2026 (Paris) - Résultats finaux : juin 2026 - Postes : 30 (session 2026)
Peut-on candidater au concours cadre et au concours assistant la même année ? Oui, les deux concours sont juridiquement distincts et n'utilisent pas le même calendrier. La double candidature double simplement les chances, sans pénalité. Vérifiez seulement la cohérence de votre lettre de motivation pour chaque concours.
Le concours cadre 2026 est-il accessible avec un Bac+3 ou faut-il un Bac+5 ? Le diplôme officiellement requis est Bac+3, mais la moyenne des admis est plutôt Bac+5 (M2 grande école ou universitaire). Un candidat avec uniquement un Bac+3 peut être admis, mais doit compenser par une expérience pertinente ou une excellence académique exceptionnelle.
Combien de candidats pour 30 postes ? La Banque de France ne publie pas le nombre exact d'inscrits. Les estimations issues des forums et de cap-public font état de 1 500 à 2 500 candidats inscrits chaque année, soit un taux d'admission entre 1,2 % et 2 %. Le filtre Maki et les écrits éliminent la majeure partie des candidats — l'admissibilité (oraux) tourne autour de 80 à 120 candidats.
Faut-il connaître l'anglais à un niveau professionnel ? Oui. L'épreuve de note de synthèse peut comporter des documents en anglais (sans traduction), et l'oral comporte une section en anglais (5 à 10 minutes). Un niveau B2-C1 est attendu. Un niveau B1 limité peut suffire pour réussir l'épreuve si le candidat est très bon partout ailleurs, mais c'est risqué.
Pour un parcours métier au sein de la BdF après le concours, consultez notre guide sur le poste d'inspecteur Banque de France, qui détaille un parcours typique post-concours.